24 novembre au 1er décembre: l'Intercostale.

L'Intercostale est cette longue route navigable, sinueuse à souhait et parfois très large, tantôt sauvage, tantôt urbaine, balisée mais pas trop, mais surtout peu profonde! Elle se navigue donc en ayant les yeux bien ouverts sur les abords du bateau pour éviter les collisions avec les souches ou les autres bateaux, sur la carte électronique et sur le profondimètre. Cette voie maritime se voyage de jour, pas de nuit. Les noms des rivières et baies sont très évocateurs déjà en Caroline du Nord: Alligator River, Rattle Snake Bay... mais on a rien vu!

On quitte donc Daniel et Whisper très tôt le matin, à 6h00 aux premiers balbutiements des rayons de soleil. Mais c'est tout juste pour ce qui est de la visibilité. Par contre, nous avons ainsi droit aux magnifiques levers de soleil. La chaleur n'est pas encore vraiment au rendez-vous, comme notre bateau n'est pas isolé, nous avons encore l'inconvénient de la condensation, car nous chauffons. Il en sera ainsi pratiquement pour tout notre séjour dans l'Intercostale. Et lorsqu'il pleut ou que le ciel est gris foncé c'est encore pire.

Nous voyagerons avec plusieurs bateaux dont nous finissons par retenir les noms. Il y a Captain Ron qui est un gros cruiser et qui lève l'ancre plus tard que tout le monde et nous dépasse quotidiennement (soupirs). Tropical Horizon est autre bateau à moteur qui descend vers le sud avec un plus petit bateau qui l'accompagne. Et quelques autres.

Nous avons réussi à mettre les voiles une seule fois dans un élargissement plus profond avec un vent poussant dans le bon sens. Pour le reste, vent de face ou pas de vent et pas assez de large étendues d'eaux profondes. Nous révisons notre routine car il fait maintenant noir à 6h00 et il y a eu un matin où je ne savais vraiment pas dans quelle direction me diriger... et il faut être ancrés pour 16h30. Moins d'heures d'ensoleillement, moins de miles nautiques franchis et donc le passage est plus long. 

Ce n'est pas plate pour autant. On passe sous des autoroutes, On demande l'ouverture des ponts, on navigue près de bases militaires de l'armée de l'air avec des avions de chasse en exercice. Je vois quelques beaux hérons et des aigrettes mais je n'ai pas vraiment le temps de les photographier. On voit aussi des pygargues, des autours des marais et toujours des cormorans. En zone urbaines, on voit effectivement moins de vie sauvage, quoique j'ai vu un coyote près d'une série de condos. On voit aussi des zones d'habitations cossues avec des quais bien élaborés, au moins un bateau sinon deux par maison. Dans d'autres coins, de petites maisons moins bien entretenues, de vieilles chaloupes. Il y a de tout le long de cette voie!

Le seul grand héron bleu que j'ai pu prendre
le long de l'Intercostale.

Rivage de banlieue de l'Intercostale en Virginie.
Quand même pratique d'avoir le quai devant la maison, mais pas assez 
d'eau pour la Grande Fugue... :)

Quelqu'un saura me dire de quel type d'avion de chasse il s'agit:
F35? Très bruyant en tout cas!

Il y a plein de souches qui émergent à peine de la surface de l'eau.
Celle-ci était bien drôle avec un arbre qui profite de cette souche pour s'établir!

Lever du soleil absolument splendide.
Les photos qui suivent sont du même matin.
C'était phosphorescent! Trop beau!

Un autre regard un peu plus loin!
Avec ces grands arbres qui portent encore leurs feuillage. 

Regardez moi ce nuage rouge phosphorescent.
Je vous jure que je n'ai pas truqué les couleurs. C'était comme cela!

Nous n'étions pas les seuls à admirer ce spectacle aux merveilleux coloris.
Des cormorans sur une des peu nombreuses bouées latérales... 

C'est la dernière, le bleu du ciel commence à poindre,
peu après le soleil sortait avec force et aussi de la chaleur!
C'était une bonne journée.

Rivage plus naturel avec ces grands pins et
quelques feuillus en couleurs automnales.

Plus de feuilles ici, mais je trouvais ce paysage bien beau également.

Nous nous amarrons un seul soir dans une marina qui était sur le point de fermer. Tout juste le temps de nous installer sur le quai de service. Une chance, car le soleil se couchait et nous n'étions pas parvenus à trouver un ancrage assez ferme et sécuritaire pour retenir le bateau dans le courant et le vent!

C'est donc sans journée d'arrêt que nous avons traversé de la Virginie à la Caroline du Sud, 6 jours de moteur... Mais le sable peut bouger... À un moment donné, Paul et moi sommes en bas et Eloi à la barre, lorsque le bateau frappe un écueil. En montant immédiatement au cockpit, on voit Eloi tout aussi ébahit que nous qui était bel et bien resté dans le chenal sur la route préconisée par notre carte électronique. Un banc de sable sans doute car nous n'avons jamais eu à reculer, La Grande Fugue a pu continuer tout droit après un fort ralentissement. Pas d'autre rencontre non plus, sans doute parce que nous partions le plus tôt possible et mettions l'ancre que lorsque le soleil commençait à se coucher.

Notre dernière soirée fut passée dans une réserve faunique, j'ai sorti ma caméra pour cette occasion, mais il faisait froid et il y avait trop peu d'oiseaux et ils étaient trop loin! C'était par contre un décors for différent, nous étions entourés de roseaux dans un réseau de voies d'eau qui décrivaient des méandres. Oui, nous étions dans un énorme marécage avec ses moustiques en prime! Welcome to the swamp!


Cape Romain National Wildlife Refuge, c'est immense.
Les moustiques sont fournis et
le vent pour s'en défaire est non garanti! :)
  

Toujours dans cette même réserve. Nous quitterons le lendemain par la mer pour Charleston, On entend à la radio qu'il n'y a pas assez profond d'eau dans un des tributaires. Tout le monde semble s'échouer. C'est le temps de reprendre la mer!

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