22 au 23 novembre: Cap sur Norfolk

Sans se concerter, nous quittons tôt le 22 novembre avec plusieurs autres voiliers, signe que les conditions sont bonnes. La Grande Fugue vise l'entrée de la Baie de Chesapeake, la ville de la marine militaire américaine, Norfolk. D'autres s'enligne vers la Baie du Delaware ou Ocean City.

Quelques heures après notre départ, on entend l'un des voiliers qui a quitté en même temps que nous, parler avec la garde côtière américaine, quelque chose ne tourne pas rond et il a besoin d'aide. L'homme de la région de Kingston est calme mais on sent une certaine hâte de son côté. Nous étions trop loin pour lui porter secours et il n'émettait pas de signal de danger éminent. Mais il répondait rapidement au gens de la garde côtière. Je l'ai trouvé très professionnel et organisé alors que les gens de la garde côtière américaine semblaient un peu désorganisés. Avec le temps et la distance, la radio VHF ne captait plus l'homme de Kingston, seulement les voix de la Garde côtière. On espère que tout s'est bien passé pour lui.

Un peu plus loin, juste avant la nuit, à l'heure bleue, un voilier nous appelle pour voir si nous étions capable de le voir. Il devait avoir un récepteur d'AIS mais pas d'émetteur. Il nous avise qu'il a l'intention de passer vers le Cap Hatteras. Nos courses se croisent donc. Paul était certain que nous passerions devant. Il fut tout de même surpris une couple d'heures plus tard, de le voir passer devant nous sans autre avertissement, ni visuel au radar alors qu'il faisait noir. 

La visibilité d'un voilier, sur électronique, soit avec AIS ou le radar combiné à l'AIS, ou même juste avec des feux de navigation assez forts, est essentielle. Mais les feux de navigation sont rarement assez. Il s'agit de 2 toutes petites lumières rouges et vertes à l'avant et une blanche à l'arrière. Pas facile à voir. Avec une nuit sans lune, c'est d'autant plus difficile. Un accident est si vite arrivé. Pas le temps de s'endormir aux commandes.

Paul, Eloi et moi nous succédons à chaque 3 heures, ce qui nous donne 6 heures de repos et finalement, en écoutant des podcasts de Radio-Canada, le 3 heures passe assez vite. Au petit matin, vers 3-4 heures, des bateaux de pêche sortent de la Baie de Chesapeake, il y en a une bonne dizaine, devant moi, un remorqueur avec sa ou ses barges assez loin derrière et, au large, des cargos qui entrent dans les zones de trafic maritime pour aller entrer dans la Baie de Chesapeake. Bref pas mal de monde tout d'un coup, du trafic. La Grande Fugue se faufile sans problème. Plus tard, lorsque c'est à mon tour de dormir, Paul et Eloi entrent dans la Baie et se dirigent vers la marina qui nous attends. Paul vient me réveiller pour que je puisse naviguer les dernières manœuvres à quai. Nous passons d'abord au quai de ravitaillement de la marina Cobb's pour, une fois les réservoirs bien pleins, aller s'amarrer à la marina voisine, celle de Morning Star. Tout s'est déroulé avec douceur.

Il faisait beau et chaud lorsque nous sommes arrivés. 
Paul installe le branchement électrique du bateau.

Eloi n'est pas en reste et installe le branchement de l'eau.

Paul et Eloi avaient eu le temps de déjeuner, mais pas moi. La faim me tiraillait et j'avais vraiment hâte à la douche longue et chaude. Mais finalement c'était l'heure du brunch et j'ai opté pour le brunch à un petit resto sur le site de la marina. Ma longue douche suivit et je peux vous dire que je l'ai bien appréciée! Pendant ce temps, les deux hommes sont allés faire les courses pour certaines choses qui nous manquaient.

Une sirène géante souhaite la bienvenue aux visiteurs de la marina.

Elle a même une étoile sur son jeans! ha ha ha!

En fin de journée, un couple de navigateurs, Ellen et Wes, avec lesquels Paul a fait une traversée l'année dernière, sont venus nous rejoindre au bateau pour un apéro. Ils nous ont invité à aller souper avec eux à leur demeure, un beau condo avec vue sur la Baie de Chesapeake. Un souper bien agréable de saumon petits pois et pommes de terres, confectionné par Wes. Et pour dessert, des biscuits aux chipits de chocolats à la menthe qu'Ellen avait préparé pour les fêtes avec un pain aux bananes et chocolat qu'une dame de 94 ans de l'édifice avait fait pour remercier Ellen et Wes d'un service rendu. Eloi était aux anges! Vous comprendrez que nous n'avons pas pu quitter sans une bonne portion de biscuits et le reste du pain... ;)

Et quel bonheur aussi de rencontrer des gens qui partage notre passion pour la voile et qui ont plein d'histoire à nous raconter. On s'est entendu à merveille et promis de se donner des nouvelles. Mais j'ai oublié de prendre une photo avec eux! C'était vraiment sympa de manger sur la terre ferme sans que ce soit dans un resto. On les attend au Québec!

Nous sommes entrés tôt car le lendemain matin, nous quittions Norfolk pour transiter par l'intercostale, une voie d'eau salée qui passe par l'intérieur des terres et qui traverse les États Unis du Nord au Sud. En fait l'intercostal va jusqu'en Floride. Mais notre intention était de sortir à Charleston. C'est pour le prochain blogue.




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